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Our tears unraveled and overflowed ••• Ft Alexius

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Eden
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Messages : 198
Date d'inscription : 09/05/2015
Our tears unraveled and overflowed ••• Ft Alexius écrit le Dim 20 Sep - 0:30



••• Our tears unraveled and overflowed
FT ALEXIUS NI-CHAN


Un épais brouillard déployait ses langues humides sur Démétrio depuis les premières heures du jour. La journée avait été fraiche, laiteuse, un vilain mercredi gris qui cherchait presque à faire oublier l’été. Eden n’aimait pas vraiment l’automne, cette saison provoquait toujours chez lui une certaine mélancolie. Quelque chose dans l’atmosphère le rendait plus songeur qu’à l’accoutumer, c’était son fond poète sans doute… Les couleurs et les contrastes différents de la belle saison le fascinaient, et le froid halitueux qui s’installait peu à peu le faisait rêver aux chaleurs des goûters que sa mère lui préparait jadis devant l’âtre. Quand la neuvième lune se pointait enfin, il avait toujours l’impression de voir ses mains couvertes de craie, comme dans le temps où il était écolier, et le parfum âcre et résiduel des cahiers neufs et des salles de classe en effervescence lui chatouillait les narines. Le blond avait toujours regretté éperdument l’époque où il était petit garçon. Tout semblait si simple, si rassurant. Il se contenant de suivre aveuglement ses parents, parce qu’ils étaient des adultes, et qu’ils avaient probablement raison. C’était plus simple de faire des bêtises quand il avait sept ans.

Emmitouflé dans la cape qu’il avait « emprunté » à son frère quelques jours plus tôt, le jeune homme cheminait d’un pas lent dans la brume qui s’agrippait à ses cheveux blonds et les plaquait contre son front pâle. Il avait la sale impression de ne pas voir où il posait ses bottes, et cela le contrariait particulièrement. Eden détestait se sentir confiné, et le manque de perspective l’angoissait plus qu’il ne l’aurait admit. Ici et là, quelques silhouettes se détachaient de l’air opaque. Le jeune homme longeait les bordures de la rue, effleurant lorsqu’il le pouvait les murs en guise de repère, horrifié à l’idée de se retrouver perdu dans cet océan monochrome. Sa peur des espaces clos le saisissait en des situations parfois bien singulières. Il avait l’impression d’avoir les poumons compressés par une poigne puissante tant chaque inspiration lui coûtait.
L’étudiant avait passé une mauvaise journée. Il avait quitté la maison comme à son habitude sitôt réveillée par sa mère, prétextant avoir un important cours de génétique. Elle avait soupiré d’un air entendu, et Eden s’était demandé une fois de plus pourquoi il prenait la peine de lui mentir puisqu’elle n’en croyait pas un mot. Dès qu’il avait quitté la petite bicoque poussiéreuse que sa famille occupait, il s’était retrouvé plongé dans le brouillard. Après une journée passée à suffoquer dans la grisaille, il s’était décidé à rentrer plus tôt. L’humidité le glaçait, même à travers la laine de sa cape. Comme il regrettait la tiédeur du mois précédent. Tout semblait plus ténu sous la brume. Les rumeurs de la rue se faisaient plus sourdes. Le blond plongea ses mains rougies dans les poches de son manteau en soupirant. Jadis, le brouillard le pétrifiait à un tel point qu’il refusait de sortir de la maison lorsque le ciel s’immisçait dans les cavernes d’Earthea. Tout paraissait bien trop lourd et opaque, il se sentait trop à l’étroit, avalé par des nappes brumeuses.

« J’ai peur je te dis ! Laisse moi tranquille. »
Campé sur ses deux pieds, les mains fermement agrippées à l’encadrement de la porte, le petit garçon jetait un regard affolé à l’épaisse purée de pois qui ondulait au dessus du sol. Déjà sur le perron de la salle de classe, un second gamin s’impatientait. Ce devait être plus tard dans l’année car il portait un épais manteau doublé et des moufles en maille. Par ailleurs, les journées raccourcies amenaient les élèves à quitter l’école un peu avant la nuit, et la lumière déclinait déjà. Eden rechignait à quitter l’intérieur rassurant de la salle pour plonger dans cet enfer monochrome. Alexius soupira, visiblement résigné, et saisit une des mains de son petit frère pour le forcer à lâcher prise. Le plus jeune bascula tout son poids vers l’arrière pour résister, mais son ainé le tira vers lui d’un coup sec, l’obligeant à sortir. Il tituba, poussant un cri de protestation teinté d’horreur en sentant les gouttelettes effleurer ses joues émaciées. Serrant la main du petit garçon entre ses doigts, Alexius l’entraina dans le brouillard. Frissonnant, Eden se riva au bras de son jumeau, terrifié à l’idée qu’il ne le lâche et le laisse ainsi se perdre dans l’immensité grisâtre. Tout semblait infini quand l’air s’épaississait. Ses yeux bleus ne perçaient pas cette réalité altérée, et même en connaissant le paysage qui s’y dissimulait, il ne parvenait pas à se rappeler de l’emplacement des murs, des ruelles. Tout était différent, pire encore que le noir. L’ainé des Sumeragi avançait pourtant d’un pas plus sûr, un pas de celui qui n’a pas peur de plonger dans le rideau opaque. Les deux silhouettes greffées l’une à l’autre s’enfonçaient dans le brouillard en direction de leur maison et de l’âtre qui les y attendait.


Le souvenir s’estompa, laissant un goût doux-amer sur la langue d’Eden. Cela semblait remonter à si loin, il ne s’en serait pas rappelé spontanément. Pourquoi Alexius n’avait-il jamais peur de rien ? Quel pédant grand-frère il faisait, toujours prêt à se mettre en valeur au détriment du plus jeune. Il n’empêchait qu’il avait toujours vu son ainé comme un ilot réconfortant, même parmi les étendues maussades de la mauvaise saison. Evidemment, ça n’avait plus prise à leur âge. Un instant il s’imagina s’agripper de la même manière au bras de son frère. Il goûterait probablement à ses phalanges jointes, ou à la délicatesse de son genou niché au creux de son estomac. Alexius était vraiment devenu un garçon instable et violent…

A présent, Eden avait grandi, et si Alexius avait évolué pour devenir un briguant féru de caillou arc-en-ciel, lui avait mûri – un peu, et avait appris à passer outre sa peur. Il arrivait à présent à avancer dans la brume sans sa maman ou son grand-frère, ce qui en soit était déjà un grand pas vers l’âge adulte. Il était presque chez lui, et cette idée le rassura un peu. Il avait passé une si mauvaise journée, elle allait enfin pouvoir se terminer plus en douceur. Le jeune homme arrivait au coin de la ruelle si familière malgré l’écran livide, lorsqu’une ombre encapuchonnée et sortie de nulle part le fit reculer d’un bond. Deux pupilles céruléennes s’allumèrent derrière quelques mèches couleur paille lorsqu’Alexius secoua ses cheveux tressés.

«  Fr-frérot, tu m’as fait peur… » Pantela Eden en pressant sa paume sur sa poitrine dans une tentative vaine de forcer son cœur à ralentir. Apparaître si soudainement dans la brume avait suffit à raviver ses terreurs infantiles. Il expira, tremblant imperceptiblement. Il ne s’attendait pas à voir son frère rentrer si tôt. « Tu as déjà fini de travailler ? » S’enquit-il tandis qu’ils reprenaient leur route côte à côte. Ils allaient atteindre le perron de la petite maison de bois et de crépis quand un détail fit stopper Eden. Ses mains glissèrent le long des pans de sa cape devant le spectacle déconcertant. L’épaisse porte de la maison avait été enfoncée. Des débris et des échardes étaient éparpillée sur la marche et dans le couloir. Il ouvrit la bouche pour s’exclamer, mais se ravisa, et avala d’un pas vif les derniers mètres qui le séparait de l’entrée, faisant claquer ses bottes sur la pierre comme pour avertir d’éventuels intrus de son arrivée. Atteignant le seuil, il tendit l’oreille. Son cœur percutait ses côtes dans une cadence infernale. La maison était silencieuse. Silencieuse. Il mit quelques secondes à réaliser. Aucun ronflement ne parvenait du salon, et les braises dans la cheminée rendaient leurs derniers souffles dans un crépitement éteint.

« Grand-père ! » S’exclama le plus jeune en s’élançant vers la pièce principale. Il retint un cri d’horreur devant la confusion qu’il y découvrit. Les meubles avaient été renversés, les tableaux et autres appliques arrachées des murs. Les livres de médecine de son père étaient étalés en pagaille sur le sol et le tapis avait été retourné. Des lattes du parquet s’étaient vues décollée, dévoilant la pierre brute des fondations. Planté dans l’encadrement de la porte, Eden observait, les yeux ronds, un corps famélique étendu au pied de l’âtre, secoué de spasme douloureux. « Grand-p… » Murmura Eden en se laissant glisser à genou à côté de son aïeul.


WORDS・LIES・WHIMS LAY FALLEN



EDEN
dc de kuon ; relationship ; color : #99cccc

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