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••• souvenirs de la nuit. (alwin)

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Bienvenue
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Date d'inscription : 02/01/2016
••• souvenirs de la nuit. (alwin) écrit le Lun 11 Jan - 23:17
as we are floating in the blue
Un halètement heurte une nouvelle fois ses poumons, crève la paroi de sa gorge pour siffler entre ses lèvres. Quelque chose, dans l'haleine saccadée de la prison, lui perfore la surface de sa trachée ; peut-être ces vapeurs de sueur qui s'écoulent jusque sous ses yeux, ou cette inlassable agonie qui assaille le moindre souffle et filtre entre les barreaux tannés par les paumes. Au moindre mouvement, il perçoit à l'orée de ses ongles des dizaines d'existence tendues vers un seul point comme une ligne presque disharmonieuse. Tout, autour de lui, est attente perpétuelle, suintement, tragédie.

Ses prunelles passent un instant sur ses mains hâlées d'un voile d'ombre, puis s'enfuient plus loin, près des premières cellules. Sous ses muscles, il devine un frémissement qui le tétanise, et qui l'empêche de calmer son souffle emballé. Qui sillonne les recoins de sa chair comme s'il devait se rapatrier tout à fleur de veines.

Et, alors qu'il observe une seconde la crasse qui colle au fer de ses talons lorsque ceux-ci s'arrachent à la terre, il se savait incapable de décrire la sensation blottie au creux de sa poitrine, sinon par un seul mot : la crainte. Là, lovée dans le cercle bleu de ses iris, étendue jusqu'à la lisière de sa silhouette, elle se fait froide, ou même lasse. Noueuse comme une racine endormie, peut-être inerte, peut-être inerte... D'un pas rapide, à demi-gauche, il franchit les derniers mètres et effleure d'un regard presque absent les gardes qui l'observent. Il pourrait presque imaginer leurs mouvements sans cesse plus déliquescents, brusqués par l'atmosphère grasse de la prison.

« L'homme qui se prénomme Alwin. Laissez-le moi un instant. »
« Alwin ? »

Quelle appréhension palpita dans le bouquet de ses nerfs ? Bienvenue avait toujours connu le froid : il savait qu'il atrophiait les muscles, les sourires, les paroles. Et pourtant, celui qui s'entrouvre sous ses doigts, comme une caresse sous-jacente, comme il lui semble étrange ! Semblable à un voile d'incertitude sans dimension bien précise, qui nacrerait son corps tout entier en quelques envolées de brouillard.

« L'otage. Vous vous souvenez de la couleur de ses yeux ? »

On lui démontra un autre recoin, sans répondre. Il longe les quelques murs ; un battement effrené frôle ses tympans, comme l'ombre se ferait esquisse pour déposer une douceur souffreteuse au galbe des seins d'une amante. Il le savait inconscient lorsqu'on avait étendu dans la vase puante de sa cellule, ce qui n'était pas de bon augure. Qui sait ce qui aurait pu arriver (ou lui passer par la tête) entre temps... S'il s'agissait bien de lui.

Ses paupières se closent. Se réouvrent. Incapables de s'évaser au-dessus de la dimension centrifuge d'un regard presque astral, celui où s'effeuille l'arc de sa pupille. Et, égrenée sous l'épiderme du jeune homme blessé, il la lit, il la comprend, cette douleur intime. Fracassante, comme pour toujours plus ébranler la délicatesse guerrière qui s'effile dans le réseau de ses veines. Il la perçoit aussi : aurore boréale, là, enroulée sous ses cils.

« Fais-moi voir ta blessure. »

Il glisse ses mains à travers les barreaux, encore incrédule, encore apeuré. Ses prunelles glissent un instant le long de sa taille fine, retracent la forme de ses hanches, à la fois étroite et masculine, et filent jusqu'à ses joues creusées par des nuits sans sommeil, ses yeux cernés par l'épuisement. Il n'a pas vomi, ce qui était bon signe ; mais il ignore si autre souffrance l'ébranle, quelque part. Qu'est-ce qu'il faisait ici ? Pourquoi lui ? Une par une, ses interrogations chavirent jusqu'au bord de ses lèvres, alors qu'au fond de sa poitrine son cœur égare l'un de ces sons, étranger. Martelant, sourd, comme abandonné par-derrière de sa peau.




ft. alwin • color #666666 • hrp des bisous ♥


Alwin
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Messages : 96
Date d'inscription : 15/10/2015
Re: ••• souvenirs de la nuit. (alwin) écrit le Ven 15 Jan - 15:52



There is no reconciliation that will put me in my place and there is no time like the present to drink these draining seconds but seldom do these words ring true when i'm constantly failing you like walls that we just can't break through until we disappear
MUSIQUE Un cœur qui bat, un son qui pourrait résonner au fin fond de cette cellule dans laquelle il est enfermé. Sa respiration saccadée va de concert avec le rythme effréné de l'organe vital qui va bientôt bondir hors de sa cage thoracique. Il ne se sentait clairement pas bien ; Alwin trépassait petit à petit dans une torpeur éphémère pour s'enfuir des méandres de son esprit. Il détestait les lieux clos, il détestait cette impression de devoir subir en silence ; l'attente en somme. Ce n'était pas ce qu'il avait souhaité, qui souhaiterait finir en prison après tout ? Pourtant, malgré toute la bonne volonté du monde, le jeune homme luttait ; luttait contre sa déprime, se battait contre cette envie d'en vouloir à sa patrie... C'était de sa faute, il avait choisi de protéger cet homme au péril de la sienne ; parce qu'après tout, il l'avait recueilli, l'avait sauver de l'enfer dans lequel il semblait avoir plongé la tête la première ; Cain lui avait extirpé la tête de l'eau ; et ça, Alwin ne pourrait jamais assez le remercier pour ça.

Combien de temps ? Il n'en sait rien. Pas longtemps, il venait clairement d'être jeté dans cette prison et Alwin désespérait de pouvoir en sortir. Pourtant, même avec toute la volonté d'une monde, il n'arrivait plus à exprimer quoi que ce soit. La fatigue, la pression ; l'incompréhension totale face à sa condition. Qu'allait-il bien pouvoir lui arriver en étant enfermé ici ? Est-ce qu'on le libérerait ou l'enverrait-on rejoindre les siens, dans une caisse, balancée à la mer ? Il ne sait pas et c'est dans l'attente qu'il trouve son supplice encore plus inquiétant. Il n'y avait pas pire qu'attendre l'annonce de son exécution ou de son interrogatoire. Il n'était maître de rien ; pas le maître de son destin. Son cœur bat, il lutte lui aussi pour ne pas céder ; pour ne pas s'arrêter. C'était insupportable, qu'on l'abatte tout de suite, cela serait plus simple, plus vivable que cette attente. Alwin n'était clairement pas quelqu'un de patient ; mais il ne se savait pas aussi inquiet pour sa propre vie. C'était bien la première fois qu'il ressentait un truc pareil, il apprenait sans doute quelque chose à l'heure actuelle... Que la vie était précieuse et qu'il ne devait plus la jeter aux oubliettes.

Il ne sait plus vraiment où il se trouve, tout s'embrouille ; la vision est faite désormais de brume, tout se bouscule, tout s'assombrit. Dans les limbes, son corps vacille. C'était plutôt réconfortant, assez chaleureux, un endroit plutôt sympathique... Sentir son corps flotté dans un monde totalement inconnu et aussi sombre devrait l'effrayer ; mais Alwin ne ressent plus la peur, ni même l'angoisse. Tout ça vient de quitter ses entrailles. Il ne restait plus que lui, face à son reflet, dans une marée de noir où rien ne semblait apparaître à l'horizon. Ni lumière, ni son ; juste l'obscurité. Avait-il pris aussi cher que ça ? Cette droite que le roi lui avait décochée l'avait effectivement bien sonner et sa mâchoire aurait bien pu être décrochée... Mais de là, à tomber dans une sorte de coma ; c'était peut-être un peu extrême. Un dialogue à lieu, un dialogue avec lui-même. Pourtant, ce visage en face de lui ne lui rappelle pas le sien ; c'est étrangement inquiétant, mais Alwin est quand même pris de soulagement. Il lui demande de se rappeler, de ne pas tomber de nouveau dans cet enfer ; de faire attention aux détails et au monde qui l'entoure... Il lui dit de prendre soin de lui, de prendre soin de la vie.

Et les yeux se rouvrent doucement ; un moineau posé à ses côtés. Qu'est-ce qu'un oiseau faisait dans un lieu aussi sordide. Alwin bouge un peu, difficilement, approchant son doigt de l'animal qui s'envola avant qu'il n'ait pu faire quoi que ce soit. Il serait seul ici ; seul à pourrir dans cet endroit... Mais il ne devait pas succomber, il ne devait pas devenir cinglé... Alwin sortirait d'ici. Des bruits de pas qui surgissent dans l'ombre, son corps endolori trouve du réconfort sur le mur froid et un peu poisseux. Allongé, il attend. C'était sans doute son bourreau. Faire des prières ou chercher un moyen de s'en sortir ? Et voilà une voix ; une voix qu'il connaissait et qu'il n'aurait jamais pensé entendre ici, pas dans cet endroit dégueulasse.

Fais-moi voir ta blessure.

Alwin reste de marbre ; parce qu'il n'arrive sans doute pas à y croire. Cette présence ne pouvait pas être réelle ; pourtant, il pressentait une chaleur, il savait pertinemment que s'il s'approchait des barreaux, il pourrait l'attraper du bout des doigts. Pas de doute, il était bien là ; cet homme avec qu'il avait lié une amitié, un destin étroitement lié. Alwin trouvait du réconfort auprès de ce gars-là, un gars qui n'avait pas cherché à trop en savoir ; un gars qui ne posait pas trop voir quasiment pas de questions. Il se sentait bien... Que faisait-il ici ? Pourquoi ce regard ? C'est dans un sourire maladroit qu'Alwin tenta de se lever, avec difficulté ; il manqua même de se casser la gueule, mais dans une position accroupie, le jeune homme lâcha avec désinvolture ; sur un ton presque enjoué.

Quelle surprise ! Je ne pensais pas te voir ici.

Ce n'était pas la réaction adéquate, pas le genre de choses à dire ; puis surtout pas avec un grand sourire. Il était comme ça Alwin, il fallait qu'il prenne les choses à la rigolade, parce qu'il n'avait pas le droit de sombrer, pas maintenant ; jamais. Il entend son dos craqué en se redressant et il ne peut s'empêcher de lâcher un soupir de douleur qu'il ne pouvait dissimuler ; douleur lisible sur sa face ravagée. La fatigue était là, mais l'angoisse avait pratiquement disparu ; grâce à l'arrivée de Bienvenue.

Qu'est-ce que tu viens faire dans un lieu pareil l'ami... ? T'es chargé de m'éliminer ?

Ce serait triste pour vous ; triste pour l'amitié qui vous lie... Mais ce serait tellement probable et tellement digne de Caelestis. Cette contrée était abonnée aux tragédies après tout. Bienvenue n'aurait jamais dû mettre les pieds ici ; il n'aurait pas dû se retrouver nez à nez avec lui... Comment aller de l'avant avec ça maintenant ? Un nouveau poids sur la conscience. Comment voyait-il les choses ? Alwin avait besoin de le savoir. Il n'avait que très peu de gens qu'il portait dans son estime et ce mec en faisait partie. L'avait-il déçu en se retrouvant ici ? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non ; c'était quasiment impossible de le savoir. Lui poser la question ? C'était une solution envisageable, mais voilà Alwin... Il veut se dédouaner de ses responsabilités dans cette affaire, lui n'avait rien fait ; il n'avait accompli que son devoir... Mais son devoir entrait en conflit avec ceux qui voulait la peau de son sauveur. Un nouveau soupir alors qu'il s'approche lentement des barreaux, prenant place en s'écroulant parterre, le jeune protecteur lâcha, pupilles closent.

Reste pas enfermé dans ton silence. T'as rien à me dire ?

Vas-y, lâche toi Bienvenue. N'hésite pas à l'engueuler ou à le juger ; mais ne reste surtout pas enfermé dans ton mutisme. Il voulait parler, rigoler ; après tout, peut-être, est-ce sa dernière discussion avant perpette...

voilà pour toi ♥ // #00cccc // j'espère que ça te vas



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